< Textes — 2005 — Peintures abstraites

2005_03

La galerie Frontières présente la première exposition de Nina Childress uniquement composée de peintures « abstraites ». Si elle est surtout connue pour son travail réaliste, lié à l’objet ou à la photographie ( série Blurriness ), l’abstraction a toujours fait partie de ses recherches, venant en contrepoint souligner ou éclairer des questionnements formels divers.

Dès son exposition personnelle de 1987 Arts ménagers , elle présente une Petite théorie de la couleur en images auprès d’une Grande théorie de la couleur abstraite ainsi qu’un code barre de 2 m x 4 m, sorte d’hommage à Daniel Buren. L’ensemble rotatif montré ici reprends des motifs de paquets de lessive ainsi que des éléments de sa théorie de la couleur. La rotation des disques en bois, peints à l’acrylique, évoque le mouvement des machines à laver et des fours à micro-ondes tout en rejoignant les préoccupations et les méthodes des artistes cinétiques.

En 1988, son tableau n°200 est composé de 200 petits ronds rouges disposés en carré. Plus tard, la série des bonbons (1990-1992) propose par l’agrandissement du modèle de faire basculer le réel dans l’abstrait : le Cachou Lajaunie devient le « Carré Noir » de Malévich…sur fond jaune ! La série des Easy Looking et Soft Edge (1997-1999) avec ses ovales flous et flottants questionne à la fois notre perception et notre rapport au décoratif.

Le travail autour du flou prend ensuite deux formes : des peintures « photoréalistes » à l’huile et des peintures « abstraites » à l’acrylique, où l’effet de flou est obtenu par des dégradés en aplats. Les premières peintures floues en aplats ( Eyes ) représentaient des yeux peints de vraies poupées. Pour les Flounet , Nina Childress conçoit des formes abstraites énigmatiques sur ordinateur à partir de ses photos – y compris des photos de ses tableaux – pour les retranscrire fidèlement sur des panneaux de meubles en kit.

Les deux peintures les plus récentes de l’exposition ( CMJN flou et Frontière noir et blanc ) sont les dérivés d’un seul et même fragment d’une petite peinture réaliste. La première parle de l’influence du traitement de l’image par une imprimante jet d’encre, la seconde de la ligne pixellisée par défaut. Mais, si elles n’ont aucun point commun ( à part la source et le format ), elles sont néanmoins destinées à être montrées ensemble et eventuellement aux côtés de peintures réalistes.

Pour Nina Childress l’abstraction représente un moyen supplémentaire de travailler – en peinture – autour de questions telles que la perception visuelle, l’appropriation et la notion de style.

Nina Childress

Peintures abstraites 1987-2005

(ABSTRACT.1.) du 23 mars au 29 avril 2005

 

 

 

Galerie Frontière$ A.M.P.S. 211, rue Roger Salengro, 59260 Hellemmes

Ritzinger David 03 20 04 34 79

 La Galerie Frontière$ bénéficie du soutien financier de la Direction Régionale aux Affaires Culturelles, du Conseil Régional Nord Pas de Calais, du Conseil Général du Nord, de la ville de Lille, et de l’E.P.S.M. Lille Métrropole