< Textes — 2007 — Questions de Yannick Milloux

2008-hugo miserey

Yannick Milloux : « j’aimerai vous poser personnellement la question de l’apport de la photographie dans votre peinture contenu dans cette formule un peu lapidaire qu’on peut détailler ainsi : Comment peindre après Picabia, le peintre de tous les styles successifs, et après Richter, celui de plusieurs styles menés de front.
Si Picabia et Richter ne vous concernent en aucune façon, vous pouvez les remplacer par d’autre (Warhol, Magritte, etc…) à votre guise. »

Nina Childress : Comment peindre après Picabia et Richter ? Picabia copie des photos pour faire des tableaux impressionistes plus vite que les autres, Richter copie des photos pour échapper à l’art informel, Picabia copie des femmes nues car il les désire, Richter peint sa femme nue qui descend un escalier mais ne veut pas faire moderne comme Duchamp. Picabia ne dit pas qu’il copie des photos, Richter dit qu’il fait des photos.

Moi aussi j’aime copier des photos. Je n’ai pas envie de m’embêter avec le dessin, je ne veux pas que mon style vienne du dessin. En copiant des photos je ne fais que de la peinture, même abstraite. Je passe des images en peinture, j’en fais un tableau, il n’y en a qu’un seul. Parfois comme Richter j’essaye de disparaître derrière la photo, ou comme Picabia j’ajoute des bêtises. Ce qui m’est propre, c’est le choix des photos et puis le choix de la manière de peindre. Mes modèles, on sait que ce n’est pas la réalité, on le voit à l’éclairage, à la composition. La photo (scan, impression…) est un matériau visuel, comme la couleur, à qui je donne une nouvelle visibilité.

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